Petite présentation de ma collection qui ne cesse de s'agrandir.

tout n'y est pas......

j'ai mis de coté les "paroles de poilus/parole du débarquement/la première guerre mondiale en 1000 objets,......certains livres d'historiens qui pour moi n'ont pas grande valeur, c'est du commercial ....ils ne racontent que ce qu'il ont appris par cœur dans des livres.....

pour moi seul compte les souvenirs de ces gens qui ont vécu ou plutôt subit ces faits....beaucoup ont hésités à écrire mais il était de leurs devoir de le faire, pour ne pas que des historiens le fassent à leurs places et à leurs sauce....

J'espère avoir fait découvrir certain livres et avoir donné des idées d'achat....il y en a tellement d'autres.....

Guerre de 71:

14/18 La grande Guerre:

 

Louis Pergaud a 32 ans lors de la mobilisation générale du 2 août 1914.

Il a déjà publié au Mercure de France De Goupil à Margot (prix Goncourt en 1910), La Guerre des boutons (1912) et Le roman de Miraut (1913). Il part à Verdun le 3 août 1914. Dans la nuit du 7 au 8 avril 1915, lors de l'attaque de la cote 233 de Marchéville, il disparaît dans la boue de la Meuse.

En recevant la cantine militaire de son mari, sa femme Delphine trouva à l'intérieur le Carnet de guerre. Pergaud y rend compte de sa vie quotidienne: les corvées, les revues, la solidarité, les mesquineries de la vie en commun, la bonne santé et la crainte des maladies, la qualité du sommeil, la nourriture...

Les phrases sont interrompues, heurtées, dictées par une urgence, comme hachées par l'éclat des obus ou les rafales de mitrailleuses. Enfin disponible dans son intégralité, ce Carnet éclaire la guerre d'une lumière brute et factuelle.

Quand le droit d'écrire librement la réalité, sans leurrer la foule, sera rétabli, quand la censure sera abolie, je me propose, si Dame Camarde a le bon goût de m'épargner, de publier mon carnet de route, tracé au jour le jour avec l'unique souci d'instruire les générations futures des horreurs de cette atroce guerre et de les mettre en garde contre semblable calamité.
Eugène Henwood
Dévoiler le véritable visage de cette guerre et faire connaître le quotidien des poilus, telles sont les raisons pour lesquelles Eugène Henwood a tenu un carnet de 1915, date de son arrivée au 4e régiment mixte de zouaves et tirailleurs, à 1918. Malgré le froid, malgré la pluie et la boue, malgré les obus et une blessure à Verdun, il ne cessera d'écrire. Ce journaliste de profession est frappé par le décalage entre le récit de la guerre fait par la presse grand public et la réalité à laquelle il est confronté comme combattant. Il veut témoigner. Il noircira ainsi dix-sept petits carnets qu'il conservera précieusement, ne pouvant les publier en raison de la censure. Cet homme cultivé, sensible et engagé livre un témoignage poignant. Un siècle après avoir été écrit, ce document exceptionnel est enfin publié.

 

« Fort de Vincennes, Service historique de la Défense. Dans les archives de la guerre de 14-18, deux cartons du Contrôle postal des armées contiennent des dizaines de lettres confisquées par la censure. Pour diverses raisons, elles n’ont jamais été remises à leurs destinataires. Écrits par des poilus à leurs proches ou par des civils aux soldats sur le front, ces courriers contenaient des éléments jugés inquiétants pour l’armée. Le plus souvent, ce sont de lettres de Français sans histoire, qui expriment leur souffrance, leur incompréhension, leur colère ou leur rancœur, et qui, le temps d’un courrier, franchissent la ligne blanche... 
Émouvantes, poignantes, voire dramatiques, ces lettres sont d’une rare puissance car leurs auteurs s’y confient sincèrement, librement, sans limite. Leur lecture procure une émotion étrange, même un siècle plus tard… »

Thierry do Espirito a mené une enquête très particulière : révéler les lettres interdites de 14-18… Sa recherche au cœur des archives militaires françaises met au jour, dans toute sa sincérité, la parole censurée des poilus et de leurs proches. Au plus près de ces hommes et de ces femmes, de leur quotidien et de leurs émotions, ces courriers personnels sont des témoignages indispensables pour ressentir leur état d’esprit.

Cette correspondance interdite a défié le temps et trouve enfin un destinataire. Thierry de Espirito reconstitue le puzzle de ces vies, de ces destins et nous permet de plonger au cœur de la Grande Guerre et de ses héros. Un témoignage vibrant, unique, essentiel.

 

 

Sylvia Boumendil ne s'est pas contentée de rassembler les lettres de son grand-père, elle en a tiré un véritable travail artistique donnant à voir toute la palette des sentiments que ces missives lui inspirent.

 

Il était une fois une petite vallée aux confins septentrionaux de la Normandie. On y était verrier de père en fils, durement exploité, suant sang et eau devant la gueule brûlante des fours. 1904, l'âge de l'adolescence pour Jules Roubot, verrier comme ses ancêtres. L'arrivée des syndicats dans le monde du verre lui donnera l'occasion de découvrir l'euphorie de la solidarité des humbles, mais aussi la désillusion des espoirs qui s'effondrent. Militant, Jules Roubot le restera. Cela lui vaudra, à l'âge d'homme, de servir dans les terribles bataillons d'Afrique, dans la lointaine Algérie. La vie lui accordera quelques années de bonheur avant d'entrer dans une autre fournaise, celle de la Grande Guerre. Quatre années interminables au cours desquelles Jules Roubot connaîtra la cruauté des tranchées de l'Artois et de Verdun mais aussi quelques moments de grâce qui survolent parfois les champs de bataille où s'étripent les hommes. Jules Roubot ou quinze ans d'une tranche de vie épique d'un homme emporté par les remous de son époque.

Après le Carnet de route d’un gosse des tranchées, consacré à la guerre de 14-18, voici la suite des souvenirs de Léon-Antoine Dupré, dans un second volume calligraphié et illustré par ses soins, qui a cette fois pour cadre le début de la Seconde Guerre mondiale.

 

Drôles d’histoires ? Oui, à double titre. D’une part, elles montrent à quel point la « drôle de guerre » mérite son nom : une guerre sans combat, au calme trompeur, jusqu’à ce que la France succombe sous l’invasion allemande. D’autre part, elles relatent les expériences peu ordinaires que l’auteur accumule onze mois durant : son séjour inénarrable à l’hôtel-Dieu de Saint-Malo, où, à la suite de la mobilisation de septembre 1939, il est affecté comme médecin auxiliaire ; le voyage épique qu’il accomplit en juin 1940, en pleine débâcle, pour fuir en zone libre ; les quatre semaines qu’il passe dans le Gers à attendre on ne sait quels ordres, puis l’audacieux retour vers les siens.

 

Avec un talent de conteur indéniable et un humour qui, malgré les circonstances, ne cède jamais au défaitisme, Léon-Antoine Dupré nous livre ici un récit surprenant, enrichi d’anecdotes parfois irrésistibles, qui révèle maints aspects méconnus d’une époque singulière.

 

Ce Carnet de route permet de suivre presque au jour le jour un peu plus de deux années (de mai 1916 à juillet 1918) de la vie au front d’un jeune engagé volontaire qui, à vingt ans à peine, a participé avec beaucoup de courage et de patriotisme aux batailles les plus meurtrières de la Première Guerre mondiale, notamment à Verdun et au Chemin des Dames.

Élaboré à partir des lettres qu’il avait alors écrites à ses parents, calligraphié et illustré par ses soins quelque trente ans plus tard, son récit montre toute l’horreur d’un conflit dans lequel tant de combattants ont perdu leur jeunesse et leur existence, mais il le fait sans amertume ni emphase, et n’en suscite que plus d’émotion.

Alors qu’il n’était ni historien ni écrivain, Léon-Antoine Dupré a écrit ici un livre bouleversant, propre à s’ancrer dans la mémoire d’un très large public aussi bien comme un document historique que comme une œuvre pleine d’humanité.

 

Pour les hommes du 231e régiment d'infanterie, les différences d'âge et de condition sociale n'importent plus. Tous sont venus s'enterrer dans les tranchées boueuses de Crouy, sous la pluie et le feu de la mitraille allemande. Leur seule certitude face aux armées ennemies: "I'faut t'nir". Barbusse fut l'un des leurs. Tiré de ses carnets de guerre, ce roman, prix Goncourt 1916, révéla à ceux de l'arrière le quotidien des poilus: leur courage, leur camaraderie, leur argot, mais aussi la saleté, l'attente et l'ennui. Cette guerre, l'état-major, le gouvernement et la presse patriotique la censurent. Il faudra un roman comme Le feu pour en dire toute la barbarie mécanique, mais aussi l'espoir: celui de s'en sortir vivant.

 

Quand nous partons, nous ne sommes que de vulgaires soldats, maussades ou de bonne humeur et, quand nous arrivons dans la zone où commence le front, nous sommes devenus des hommes-bêtes..."
Témoignage d'un simple soldat allemand de la guerre de 1914-1918, A l'ouest rien de nouveau, roman pacifiste, réaliste et bouleversant, connut, dès sa parution en 1928, un succès mondial retentissant et reste l'un des ouvrages les plus forts dans la dénonciation de la monstruosité de la guerre.

 

 

Mais pour qui donc Édouard a-t-il rédigé ces milliers de lignes ? Pour qui donc furent écrits ces milliers de carnets que des milliers de soldats griffonnèrent, perdus au milieu des sombres fumées de la catastrophe ?

        Mille pages manuscrites noircies d'ennui, de peur, de désillusion, d'exaltation. Pas pour la transmission aux siens, à qui il tut toujours ou longtemps l'existence de ces mots douloureux. Pas pour l'exorcisation du chaos mondial qui s'abattait sur lui, si petit au monde. Pas pour la catharsis d'une écriture qui devait lui être plus naturelle que la parole.

 Alors, près d'une centaine d'années plus tard, l'objet de cette transcription aura été de traduire le cri ou le silence de ses mots en une mémoire vivante, de réveiller ces faits et pensées du profond sommeil des millions d'hommes que cette guerre endormit trop tôt, avant qu'ils aient pu trouver, eux, un moyen de me transmettre leurs sourires et leurs rêves, à moi, si petit au monde...

 

 

 

Août 1914. Louis Maufrais, étudiant en médecine, pense présenter l'internat quand la guerre éclate. Le jeune homme rejoint le front, découvre les tranchées. Il va y rester quatre ans. Quatre ans pendant lesquels il côtoie la mort les pieds dans la boue et les mains dans le sang, jour et nuit enterré
au fond de postes de secours secoués par le souffle des obus. Quand il a un moment de repos, il prend des notes, photographie, pour raconter la souffrance,
celle de ses camarades, la sienne, mais aussi l'amitié, le burlesque, l'absurde...

«Voici un texte hallucinant. OEuvre d'un médecin, qui a fait toute la Grande Guerre dans les tranchées, il est à ce jour inédit, publié pour la première fois en ce 90e anniversaire de l'Armistice.

«Maufrais a été partout : d'abord en Argonne et en Champagne en 1915,
à Verdun et sur la Somme en 1916, à nouveau à Verdun en 1917, enfin chirurgien dans une ambulance d'avril 1918 à janvier 1919. Non seulement il a été sur tous les fronts de la guerre, en France, mais au feu quatre années sur quatre. En cela, son témoignage est unique. Il l'est aussi en ce que son activité
de médecin auxiliaire l'amenait à prendre des notes pour le suivi de ses blessés.

«Ce sont ses carnets et ses photographies, sauvegardés, qui lui ont permis, soixante ans plus tard, de dicter des fragments d'une précision inégalée :
des informations et souvenirs intacts, comme congelés.»

 

 

-Desaubliaux Robert, La ruée, journal d'un poilu. Paris, éditions des Presses de la Renaissance, 2005 (première édition 1919).

Cet ouvrage raconte le parcours de l'auteur, de son départ de Paris le 31 juillet 1914 à sa blessure à Verdun en mai 1916. Un parcours particulier car il est parti maréchal des logis dans un régiment de cuirassiers pour finir la guerre sous-lieutenant dans un régiment d'infanterie. D'où ce titre qui reflète bien ces deux étapes, d'abord cavalier (« la ruée ») puis fantassin (« journal d'un poilu »).

 

 

  Quand éclate la Première Guerre mondiale, il y a 4 millions de poilus sur le front et 4 millions et demi d'enfants sur les bancs d'école... Les premiers sont plongés dans l'horreur de la guerre. À l'heure du courrier, ils redeviennent des pères, des oncles, des parrains...
Les seconds sont à l'âge des poupées et des soldats de plomb. La plume et les crayons de couleur sont leurs seules armes pour contrer le vide de l'absence.
Ces extraits de lettres, de journaux intimes et de récits autobiographiques éclairent les relations qui unissaient entre 1914 et 1918 les pères et leurs enfants. Entre les uns et les autres se noue une chaîne de mots manuscrits, d'espoirs et de craintes, de conseils, de fautes d'orthographe, de larmes et de sourires.
Un amour vrai, tendre et pudique est ici déposé dans des lettres mille fois relues, manipulées, froissées, chéries comme autant de trésors.

 

 

 

Je commençais à rouler une cigarette et un grand nombre m'imitèrent. Tout en la fumant voilà-t-il pas qu'une balle arrive et frappe le fusil d'un camarade et le perce, puis une deuxième, puis une troisième sifflait autour de nous, si bien qu'une arrive en pleine tête d'un camarade. Il s'évanouit, et peu de temps après, il expira."

Jean-Louis Aimé Boursicaud.

 

 

Jeune Normalien, ami de Romain Rolland, Paul Tuffrau fait toute la guerre 14-18 sur le front. Acteur réfléchi, observateur lucide, il décrit dans ses Carnets la fièvre de la mobilisation, les terribles batailles où il se trouve engagé — dans les secteurs de la Marne, de Soissons, en Artois, à Verdun, au Chemin des Dames... — et la dure vie des tranchées.

Paul Tuffrau sait voir, écouter, raconter et, en dépit de la réalité infernale, il garde son humanité. Au quotidien éprouvant, douloureux, se mêlent des moments de réflexion, de méditation, de rêveries... Malgré le feu des balles, des obus et des grenades, alors qu'il lui faut « marcher » pour avancer sur l'effroyable chaos de morts, il reste sensible à la douceur du printemps, au charme des villages traversés. Constatant à maintes reprises l'incompétence des généraux et l'inutilité des sacrifices, il ne retient pas ses larmes quand la mort frappe l'un des siens et éprouve la même compassion pour l'Allemand fauché trop tôt.

Remarqué par le général Mangin pour ses qualités de chef, il refusera d'être rattaché à l'état-major, et demeurera sur le front, avec ses hommes, jusqu'à la fin de la guerre. Paul Tuffrau sera démobilisé en mars 1919 : « La vie reprend, les choses sont les mêmes, nous seuls avons changé », écrit-il à son retour.

 

 

Henri Laporte (1895-1982) fut l'un de ces jeunes « poilus » anonymes qui partirent, par millions, refouler les « Tudesques ». Il rêvait de cavalerie : ce furent les tranchées d'Argonne, le front de Champagne, Verdun et la Somme. C'est bien des années plus tard qu'il se décida à transcrire, pour lui-même et pour sa famille, ses carnets de guerre.
Ce Journal, document inédit, constitue un témoignage direct et précis, sans amertume ni forfanterie, sur la violence des combats de 14-18. Il illustre aussi l'esprit d'une époque disparue, une sorte d'innocence noble où se mêlaient l'abnégation, le goût de vivre et la fraternité.

 

 

Il a été tiré une fois de cette ouvrage 200 exemplaires pour la famille et les amis sur papier ALFAX des papeteries Navarre, numéroté de 1 a 200.

200 exemplaires sur velin de luxe OMNIA des papeteries de France numérotés de 201 à 400.

et 300 exemplaires sur velin édition Persan des papeteries de France, numéroté de 401 à 700

355 pages. imprimé en 1937

 

 

il a été tiré de cet ouvrage, en première édition, six exemplaires sur papier de luxe de Aà F et mille cent exemplaires sur bouffant numéroté de 1 à 1.100.

Ces milles cent six exemplaires constituent l'édition original.

Celui ci est un des 1.100 de 1935.

55 pages.

Combien en reste il???????

 

 

Jean Norton Cru dans son célèbre livre Témoins " décrit ainsi le livre de Guy Hallé : Ce petit livre (...) est un chef-d'œuvre, il faut le dire et le mot n'est pas trop fort (...) Comme document il est plus riche, malgré son extrême brièveté que maint autre volume plus prétentieux ". Aujourd'hui encore, " Là-bas avec ceux qui souffrent " demeure l'un des réquisitoires les plus violents jamais écrits contre la guerre. Guy Hallé dépeint la guerre dans sa simplicité et donc dans son horreur.

 

 

Louis MASGELIER avait vingt ans quand il rédigea ces «Carnets de Guerre». De 1916 à 1918, il nota, jour après jour, avec lucidité et sans exaltation, faits et anecdotes, impressions et émotions avant que le baptême du feu ne suspende son écriture... Il pensa alors que jamais personne ne lirait ces lignes et il a quitté ce monde sans qu'elles ne soient publiées.

Jacques Roussillat a déchiré le voile de l'oubli : il nous offre sans fard ce message d'un jeune instituteur confronté avec la guerre. Il regrette, avec lucidité et émotion, que ces pages n'aient pas été connues plus tôt. Découvrez ce témoignage, il invite à la réflexion.

Louis MASGELIER, instituteur, lutta toute sa vie contre l'ignorance et pour le triomphe de l'esprit critique. Il aurait été dommage que ses écrits les plus forts, les plus beaux, restent secrets.

  "Un témoignage sans pitié, un très beau livre pétri d'horreur."Le Monde
"Un récit boulversant de vérité et de simplicité."Le Nouvel Observateur
"Une tragédie terrible, un extraordinaire plaidoyer contre l'absurde et la sottise humaine."La Vie
Lucien Bersot, fantassin sur le front de l'Aisne en février 1915, fut affublé, en plein hiver, d'un pantalon de toile blanche. Martyrisé par le froid, il réclama, en toute logique, un pantalon de laine comme en portaient ses compagnons. Un jour, devant son insistance, le sergent-fournier lui en tendit un en loques, maculé de sang, celui d'un mort. Il lui intima l'ordre de le revêtir tout de suite. Il s'y refusa... Alors commence l'une des histoires les plus extraordinaires du conflit de 1914-1918.

 

 

 Le 7 septembre 1914, sept réservistes appartenant au 327e régiment d'infanterie sont fusillés «pour l'exemple» sur ordre du général Boutegourd. L'un d'eux, François Waterlot, 27 ans, n'est pas touché mais feint de s'écrouler. Placé à une extrémité de la rangée, il est de nouveau épargné par le coup de grâce, commencé de l'autre côté. Laissé pour mort, le «fusillé» se relève et rejoint son régiment où, après avoir été gracié, il reprend le combat. Il périt au front le 10 juin 1915.
Les historiens qui travaillent sur les fusillés de la Première Guerre mondiale ne mentionnent aucun autre cas de survivant d'une exécution. Unique à ce titre, l'histoire de Waterlot l'est aussi par les récits qu'il fait de son «aventure». Infatigable épistolier, il écrit 250 lettres entre le 8 août 1914 et sa mort, l'année suivante. D'un trait à la fois concis et précis, il relate dans quatre d'entre elles l'exécution dont il a été à la fois acteur... et témoin.
Odette Hardy-Hémery ne se contente pas de retracer heure par heure cette singulière histoire ni de resituer la biographie de chacune des victimes, qui seront toutes réhabilités en 1926. En en déroulant le fil, c'est la Grande Guerre elle-même qu'elle fait resurgir sous nos yeux, avec ses problématiques classiques ou nouvelles, à commencer par celles des «fusillés pour l'exemple» – qu'elle pose en termes inédits –, de la solidarité silencieuse mais sans faille des combattants et de l'impunité du commandement.

 

 

 Un jeune avocat, issu de la bourgeoisie juive de l’Est de la France, est mobilisé en 1914 et engagé, dès les premiers jours, dans les combats. De plusieurs points d’observation, il participe à toutes les phases du conflit, de la Marne au Chemin des Dames en passant par Verdun.
 
Israélite athée, jeune intellectuel en révolte contre sa famille et contre les traditions qu’elle incarne, il envoie chaque jour à la femme qui deviendra son épouse une lettre relatant les évènements de la journée. Ce journal où sont mêlées les réflexions politiques, militaires, philosophiques et littéraires, fait saillir toute l’horreur de cette gigantesque boucherie avec d’autant plus de force que son absurdité et sa férocité nous sont décrites par un homme qui n’en contestait pas la légitimité.

 

 Le recueil de lettres de Jean Pottecher est considéré par Jean Norton Cru comme l’un des meilleurs livres écrits sur la guerre. Il le classe dans sa seconde catégorie par ordre de valeur et dit de lui :
« Dans ses lettres on trouve la plus grande franchise d’expression ; Pottecher dit à peu près tout ce qu’il pense (...) Il a voulu servir sans porter les armes, s’exposer aux coups sans avoir l’occasion d’en donner. Il s’exposa toujours pour ramener les blessés et se fit tuer dans l’une de ces folles tentatives ».

 

 

" On nous avait prévenus : dans la maison que nous venions d'acheter, à Vézelay, au pied de la basilique, nous ne trouverions rien d'extraordinaire. Mais en vidant les armoires, nous sommes tombés sur plusieurs petits paquets : la correspondance entre quatre fils de la famille Papillon, envoyés au front de 1914 à 1918, leur sueur Marthe, employée de maison à Paris, et leurs parents. Tout un réseau d'échanges, intenses et par moments bouleversants : demandes incessantes de nouvelles, envois de colis à des soldats souvent mal nourris et mal vêtus, récits des combats de Verdun ou du Bois-le-Prêtre. Mais aussi de ces instants dérobés, sur le front, à l'horreur et l'ennui : la maraude, le braconnage, la pêche ou la confection de bijoux faits du métal des obus... Ces Papillon dont nous ne savions rien, la lecture de ces lettres surgies d'un silence de quatre-vingts ans les fait revivre. Miracle de l'écriture, apprise sur les bancs de l'école publique. Littérature née du déchaînement de l'histoire. " Cette correspondance, découverte dans leur maison par Madeleine et Antoine Bosshard, est étonnante par sa richesse et sa diversité. " Ce n'est pas une guerre qui se passe actuellement, c'est une extermination d'hommes ", y écrit Marcel Papillon dès 1915. Dans ce livre extraordinaire se mêlent la peur, la mort, mais aussi la tendresse. Les historiens Rémy Cazals et Nicolas Offenstadt en témoignent : " Cette trouvaille étonnante dans les "archives" de simples Français de milieu populaire, ces échanges entre les membres d'une même famille offrent un ensemble tout à fait original. Ils livrent une multiplicité de points de vue sur le conflit en même temps qu'une lecture croisée des expériences de chacun.

 Zacharie Baqué, instituteur dans le Gers, fait toute la guerre de 14-18 au 288° régiment d'infanterie. À son retour, soucieux de laisser un témoignage vrai sur les terribles épreuves passées, il entreprend de réunir les lettres écrites au cœur de l'action et adressées quotidiennement à sa famille : « Je n'ai presque rien retouché, laissant à chaque lettre sa saveur propre, dénotant l'endroit d'où elle partait : trou d'obus, sape profonde ou village de repos… Je n'ai aucune prétention littéraire, je veux seulement essayer de noter pour ceux qui me liront la vie intime aux sentiments si divers et aux heures si différentes de ceux qui furent vraiment mêlés de près au grand drame. À défaut d'autres mérites, ces notes auront celui de raconter des scènes vraies, des impressions sincères, d'être un reportage vécu et vivant. »
Zacharie Baqué connaîtra les pires combats, ceux de la Marne, de Verdun, du bois de Saint-Rémy — il décrit là avec précision les circonstances de la mort de son compagnon, le lieutenant Alain-Fournier, l'auteur du Grand Meaulnes, qui tomba sous ses yeux. Zacharie Baqué sera démobilisé le 15 février 1919.

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 Robert Porchon, sous-lieutenant au 106e régiment d'infanterie, fut tué dans l'assaut de l'éperon des Éparges (Meuse) en février 1915, «la poitrine défoncée par un éclat d'obus».
Dès sa mort connue, sa mère a recopié dans un unique cahier son carnet de route et les lettres que son fils lui avait adressées. Elle a aussi ajouté à cet ex-voto de papier la correspondance reçue, après la mort de son fils, de ses camarades – dont Maurice Genevoix –, de ses chefs, de l'administration militaire et aussi d'anciens professeurs et religieux qui se souvenaient de leur élève. Ces témoignages multiples restituent l'onde de douleur qui s'étend et dure après la mort au front d'un jeune homme de vingt et un ans. Un des cinq cent mille jeunes Français sacrifiés pendant les six premiers mois de la Grande Guerre.
Du sous-lieutenant Porchon, on ne savait, depuis 1916, que ce que Maurice Genevoix en avait dit dans Ceux de 14. Mais il en avait dit assez pour faire de son ami Porchon le «soldat le mieux connu de la Grande Guerre».
Les notes prises par le jeune officier font un troublant contrepoint au témoignage du grand écrivain. Elles en confirment la parfaite exactitude et, en variant l'éclairage sur quelques épisodes de leur campagne commune, soulignent le génie singulier de Ceux de 14.

 Les carnets de combattant qui sont présentés vont du vendredi 7 août 1914 au mercredi 16 août 1916. Le texte se divise en trois grandes parties. La première a trait au combat de couvertures dans les Hauts-de-Meuse, à la bataille des frontières, à la retraite, à la Marne, et au début de la course à la mer.
La seconde est l'histoire de la 8 ème compagnie du 101 ème Régiment d'infanterie, reconstitué après l'attaque du 25
septembre 1915 en Champagne, et qui mourut au cours de la défense du fort de Vaux (du 1er au 15 juin 1916).
La troisième partie nous fait vivre dans les tranchées de Maisons-de-Champagne, lesquelles furent un secteur estimé calme en cet été 1916.

 

 

Les Croix de bois, chef-d’œuvre de Roland Dorgelès, engagé volontaire, est un témoignage exceptionnel sur la Première Guerre mondiale.
Avec un réalisme parfois terrible mais toujours d’une généreuse humanité, la vie des tranchées nous est décrite dans toute son horreur et aussi sa bouffonnerie, son quotidien et ses moments d’exception.

 

Miraculeusement retrouvée, cette correspondance inédite de Roland Dorgelès est un document exceptionnel sur la Première Guerre mondiale qui éclaire de façon passionnante la genèse des Croix de bois, le chef-d'oeuvre du romancier.
Ce témoignage unique porte un regard nouveau sur l'homme et le combattant que fut Roland Dorgelès, mais aussi sur ce double amour qui l'unissait d'une part à sa mère et d'autre part à Mado dont il était éperdument épris. Mado l'abandonna mais conserva jusqu'à sa mort, en 1972, les lettres de son amant.

  

 

 

Au sein d'une exceptionnelle collection inédite de plus de 1 100 lettres écrites entre 1914 et 1918 par les six fils mobilisés d'une famille de Creil, aujourd'hui conservées aux Archives départementales de l'Oise (sous-série 52 J), les 300 correspondances sélectionnées et publiées dans Six frères témoignent de l'engagement de toute une génération dans la Première Guerre mondiale. Lorsque la guerre éclate, en août 1914, Jean, André et Paul sont mobilisés. Pierre les rejoint en décembre 1914, Henri en avril 1917 et Marc en septembre de la même année. Pierre et Paul y perdront la vie.

Les six frères Bouchet dévoilent, dans cette correspondance adressée à leurs parents et à leur soeur, six parcours de combattants de la Grande Guerre : aviateur, artilleur, fantassin, mais aussi prisonnier, grand blessé. Six parcours de vie et de combats qui fondent des histoires individuelles dans l'histoire nationale. Six destins parfois inachevés. Six regards. Six personnalités qui font part de leurs réflexions, de leurs critiques et de leurs projets aux membres de leur famille restés à l'arrière, eux aussi engagés dans le conflit.

A la manière d'un roman, leurs lettres déroulent un récit détaillé et captivant, souvent émouvant, parfois douloureux. Le nombre de lettres fluctue d'un frère à l'autre, en fonction du parcours et du destin de chacun d'entre eux. Leur longueur est également variable, mais la plupart sont formées d'une seule feuille de papier pliée en deux et présentant quatre pages d'écriture. Quelques lettres, notamment de Pierre (qui a écrit à lui seul plus de 480 lettres), sont illustrées de dessins ou de schémas.

Pierre TRANNOIS est né à Saint QUENTIN le 18 aout 1991.

Apres avoir fait ses études primaires à l'école THEILLIER DESJARDIN et obtenu son certificat d'études, il aida ses parents, horticulteurs Impasse CROZAT jusqu'a son départ au service militaire en octobre 1911.

affecté au 155° RI, il passa 3 ans en garnison, a COMMERCY , il aurait du être libéré en octobre 1914.

Laguerre déclarée, il continua à servir dans son régiment, jusqu'au 22 juillet 1919.

il participa a tous les combats.

Dans la Meuse, l'Argonne, la Marne, la Somme, puis dans l'Oise. il termina dans la Meuse.

Téléphoniste de première classe, il connut des heures tragiques et frôla souvent la mort.

Rappelé en 1938, il sera mobilisé à LANDOUZY LA VILLE. la s’achèvera sa carrière militaire.

Marié en 1920, il s'installera a MORCOURT en 1921 comme maraicher. il eut six enfants.

il décédera le 10 octobre 1964.

 

 A l'occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, voici un document exceptionnel, reproduit en grand format et en couleur : le journal d'un étudiant en médecine de vingt-deux ans, médecin dans les tranchées, du premier au dernier jour de la Grande Guerre. Mais dans ses carnets, l'aspirant Laby ne se contente pas de décrire au plus près l'enfer quotidien. Il le dessine. C'est plus d'une centaine de planches qu'il nous a laissées, de la caricature au croquis fait à la hâte avant une attaque, de la bande dessinée aux lavis plus sombres. Le récit grave du quotidien au front et des soins d'urgence aux blessés laisse parfois la place à l'ironie, à la critique acide et à la drôlerie exprimées par certains dessins. L'historien Stéphane Audoin-Rouzeau, dans une longue préface, éclaire la singularité et l'importance de ce double témoignage, texte et images.

 

 

 

Témoin privilégié de la vie des tranchées, Ferdinand retrace ses années de ratcombattant au côté du soldat Juvenet qui l'a pris sous sa protection. De l'arrière au feu de Verdun, il partage la vie quotidienne des poilus, les changements d'affectation, les diverses offensives, mais aussi les permissions, l'attente avide d'informations et la naissance des rumeurs les plus persistantes, la solitude et surtout la peur. Un tableau original, nourri de réflexions sur la guerre qui, profitant de leur forme fantaisiste, se permettent d'en souligner les absurdités et l'horreur. Un ton légèrement moqueur, parfois amusé ou perplexe, mais jamais cynique, donne à ces Mémoires d'un rat suivis des Commentaires de Ferdinand, ancien rat de tranchées toute leur force d'évocation d'une expérience ineffable.

Journal couvrant toute la durée de la guerre, du 31 juillet 14 à la démobilisation en février 19.
Désagneaux fut mobilisé dans des gares pour réguler le trafic, jusqu'à mi-janvier 16. Il décrit les débuts, l'enthousiasme et la cohue, la désorganisation, les potins, etc. -il est parfois difficile de cerner si le propos émane de faits vécus par l'auteur ou rapportés par des tiers-.
Durant cette phase, le journal est discontinu, un résumé de faits saillants dans un emploi en arrière du front.

Puis l'auteur suit une période d'instruction militaire. Affecté comme officier au 359ème R.I. où il reste quasiment jusqu'à la fin du conflit. Principaux secteurs : Lorraine, Verdun, chemin des Dames, Somme, le Kemmel puis la défense du Matz avant l'offensive conduisant à la victoire finale des armées alliées.

Cette seconde phase est plus étoffée, Désagneaux a restitué principalement les périodes en ligne.
La guerre fut un moment éprouvant pour lui, les termes tels que "tristesse", "folie", reviennent régulièrement. Il fustige souvent son colonel et les généraux que l'on ne voit jamais en ligne mais qui ordonnent des attaques partielles sans aucun but stratégique. Les civils menant à l'arrière une vie tranquille ne sont pas épargnés. L'épisode des mutineries de 17 est évoqué.

Ce témoignage décrit donc son vécu (les bombardements, les attaques, la vermine, la soif et la faim, la boue, le froid, le cagnard, toute cette misère rythmant la vie du soldat au front) avec en parallèle des extraits de communiqués officiels et de journaux, dont la propagande distille souvent une teneur éloignée voire tronquée de la vie dans les tranchées.
A noter la quasi absence de portraits descriptifs des troupiers qu'il commanda durant ces années. Comme si la camaraderie avait été peu présente. Pas de traits patriotiques. Les cinq citations reçues au feu montrent néanmoins que Désagneaux a fait son devoir. Pas non plus de digressions à teneur pacifiste.
Essentiellement la lassitude, les souffrances, les détresses, les mesquineries, la mort, égrenées tel un chemin de croix. Rien sur le déroulement de ses permissions, la teneur de la correspondance avec ses proches.

Etoile, c'est un document unique, le témoignage bouleversant d'une petite fille de l'Est de la France qui participe, a sa manière, a la Grande Guerre. La jeune Eliane Stern a décidé d'aider les poilus devenus aveugles lors des combats. Pour ce faire, elle utilise les seules armes dont elle dispose du papier, des crayons - et rédige " son " journal de guerre : une feuille d'infos, de commentaires et d'anecdotes, illustrée par ses soins, et qu'elle fait paraître tous les mois. Eliane était française, mais elle aurait aussi bien pu être belge ou allemande... Les hommes des pays en guerre ont tout quitté pour se battre et souvent mourir, des familles ont vécu dans l'angoisse. De tous côtés, les enfants ont beaucoup souffert. Sous la plume d'Eliane, ce sont les craintes, les douleurs et les privations des gens de l'arrière qui s'expriment, mais aussi les espoirs d'une fillette attendant avec ferveur la paix et le retour de son père soldat.

Document historique, cet ouvrage rassemble les 31 numéros de L'Etoile, un petit journal entièrement imaginé, écrit, illustré et ronéotypé par E. Stern, âgée de 9 ans, qui les vendait afin de récolter de l'argent pour les soldats aveugles. Ce mensuel contient des dessins, des textes sur la guerre, des recettes de cuisine, des jeux et des explications de tricot.

ELLE FUT MALHEUREUSEMENT DEPORTEE EN 39/45.

Le récit de « sa » guerre fait par un poilu, du nom de Gaston Lavy, depuis sa mobilisation en 14 en Normandie jusqu’à sa montée au front à Verdun puis son départ fin 17 au service de camouflage des armées où se trouvaient les peintres cubistes !
Ce journal, écrit à la plume et agrémenté d’aquarelles de grande qualité (rappelant le style de Mathurin Meheut) réalisées par Gaston Lavy lui-même, constitue un témoignage unique très vivant et très poignant sur la vie de soldat durant la grande guerre.
Ce document, totalement inédit, est imprimé dans son intégralité et tel quel pour en préserver son caractère authentique et singulier.
Il se présentera sous la forme d’un bel album illustré à l’ancienne dans le style des ouvrages de Benjamin Rabier (cf Les fables de Lafontaine) avec un dos toilé.
L’ouvrage comportera une post-face de Stéphane Audoin-Rouzeau, le grand spécialiste actuel de la 1ère guerre mondiale qui visera à restituer cette histoire singulière dans la grande et en relèvera le caractère exemplaire.

 

 

En 1920, puisant dans les quinze carnets qu'il a tenus durant toute la période de la guerre1, Ernst Jünger écrit un récit autobiographique sur son expérience de la Première Guerre mondiale qu'il a vécue comme soldat de bout en bout : Orages d'acier. En 1924, il en retravaille un chapitre « Avances anglaises » qui est publié sous le titre Le Boqueteau 125.

En juin 1918, Ernst Jünger, après un séjour à l'hôpital pour sa cinquième blessure, reprend le commandement de sa 7e compagnie stationnée devant Puisieux-au-Mont et appuyée sur son aile gauche au boqueteau 125.

« Le grand moment était venu. Le barrage roulant s'approchait des premières tranchées. Nous nous mîmes en marche... Ma main droite étreignait la crosse de mon pistolet et la main gauche une badine de bambou. Je portais encore, bien que j'eusse très chaud, ma longue capote et, comme le prescrivait le règlement, des gants. Quand nous avançâmes, une fureur guerrière s'empara de nous, comme si, de très loin, se déversait en nous la force de l'assaut. Elle arrivait avec tant de vigueur qu'un sentiment de bonheur, de sérénité me saisit.L'immense volonté de destruction qui pesait sur ce champ de mort se concentrait dans les cerveaux, les plongeant dans une brume rouge. Sanglotant, balbutiant, nous nous lancions des phrases sans suite, et un spectateur non prévenu aurait peut-être imaginé que nous succombions sous l'excès de bonheur. »Ernst Jünger.Le livre d'Ernst Jünger, Orages d'acier, est incontestablement le plus beau livre de guerre que j'aie lu.André Gide.

 

Les Carnets de guerre 1914-1918 constituent la face cachée d'Orages d'acier, qui, pour André Gide, était « incontestablement le plus beau livre de guerre » qu'il ait jamais lu. Écrits directement dans le feu de l'action, ces quinze petits carnets d'écolier nous révèlent la matière brute sur laquelle Jünger se livra, une fois la paix revenue, à un savant travail de réécriture.
Fort peu de témoins sont restés autant d'années que lui en première ligne des combats, sans jamais cesser de prendre des notes d'une acuité stupéfiante. Sept fois blessé, Jünger a pu relater avec une objectivité volontairement glaciale les souffrances du fantassin.
Ce témoignage sans fard d'un engagé volontaire de dix-neuf ans ne cache rien des horreurs de la guerre. Mais il ne dissimule pas non plus l'enthousiasme de départ, la joie de se battre et le délire meurtrier qui s'empare des hommes au moment de l'assaut. D'où l'incontestable intérêt historique et documentaire de ces carnets qui révèlent également des aspects inconnus de la personnalité complexe d'Ernst Jünger.

En 1914, Louis Barthas a trente-cinq ans. Tonnelier dans son village de l'Aude - Peyriac-Minervois -, il est mobilisé au 280e d'infanterie basé à Narbonne. Il fera toute la guerre comme caporal. Il connaîtra le secteur sinistre de Lorette, Verdun, la Somme, l'offensive du Chemin des Dames ; la boue, les rats et les poux ;les attaques au devant des mitrailleuses et les bombardements écrasants; les absurdités du commandement, les mutineries de 1917, les tentatives de fraternisation.
Au front, Barthas note tout ce qu'il voit, tout ce qu'il ressent. De retour chez lui, survivant, il va rédiger au propre son journal de guerre, à l'encre violette, sur dix-neuf cahiers d'écolier. Sens de l'observation précise, lucidité, émotion et humour mêlés, révèlent chez le caporal tonnelier un talent d'écrivain qui n'est gâté par aucune recherche d'effets littéraires. Le livre, présenté par Rémy Cazals, est devenu un classique depuis sa première édition en 1978, réalisée avec l'aide des petits-enfants de Louis Barthas et de la Fédération audoise des oeuvres laïques.

Dans ses vieux jours, devenu presque aveugle, Louis Maufrais entreprit de sauvegarder ses souvenirs de guerre en s’enregistrant à l’aide d’un magnétophone. Dans l’héritage qu’il laisse à ses enfants se trouvent quelques 600 photographies du front légendées et une boîte à chaussures contenant 16 cassettes de 90 minutes. Sa petite fille, Martine Veillet découvre ce précieux héritage en 2001. Elle passe 4 années à la mise en écriture des souvenirs de son grand-père, procédant à une retranscription du témoignage et menant une enquête appliquée, afin de vérifier l’exactitude des faits racontés par son aïeul (consultation des JMO, de quelques carnets personnels conservés par Louis Maufrais, de lettres adressées par lui à ses parents, du journal non publié d’un camarade

39/45:

Mein Kampf (Mon Combat, en français) est un ouvrage rédigé par Adolf Hitler entre 1924 et 1925 pendant sa détention à la prison de Landsberg, détention consécutive au putsch de la Brasserie, coup d'État manqué. Il contient des éléments autobiographiques, l'idéologie politique du nazisme, l'histoire des débuts du NSDAP et diverses réflexions sur la propagande ou l'art oratoire.

 

      Comment a été retrouvé le journal d’Alfred ROSENBERG.

Une quête inouïe pour retrouver le journal du maître à penser d'Hitler Document historique d'une valeur inestimable, Le journal du diable constitue une plongée fascinante dans la pensée d'Alfred Rosenberg, l'ami intime d'Hitler et l'idéologue du nazisme, considéré comme l'initiateur de la solution finale qui consigna ce dont il fut le témoin et l'acteur de 1936 à 1944. Ces 400 précieuses pages d'archives inédites, pièces capitales du procès de Nuremberg, ont disparu mystérieusement avant même la fin des audiences : le procureur américain Robert Kempner, pourfendeur acharné des crimes du IIIe Reich était également un collectionneur d'archives nazies... À sa mort, le funeste journal passe de main en main : il traverse l'Atlantique et devient l'objet de toutes les convoitises. Un professeur le vole à une vieille dame en maison de retraite ; il est égaré dans une benne à ordure ; un archiviste rêve pendant dix-sept ans de se l'approprier... Jusqu'à ce que Robert K. Wittman, un ancien agent du FBI, le retrouve au printemps 2013, mettant ainsi fin à près de soixante-dix ans d'une quête acharnée. Sa redécouverte permet aujourd'hui de révéler les coulisses du nazisme, de la création du parti national-socialiste au suicide du Führer. Il relate entre autres les rencontres privées d'Alfred Rosenberg avec Hitler, Hermann Göring et Heinrich Himmler. Il décrit également les conséquences de l'invasion de l'Union Soviétique, les arcanes de la solution finale ainsi que la vaste entreprise de pillage des livres et ?uvres d'arts à travers l'Europe occupée.

                     Le vrai journal integral d’Alfred ROSENBERG.

Le gouvernement américain a mis la main sur 400 pages du très recherché journal d'Alfred Rosenberg, qui vont du printemps 1936 à l’hiver 1944. Bras droit et confident d’Adolf Hitler, Rosenberg a tenu un rôle clé dans l’extermination de millions de Juifs et d’autres prisonniers pendant la Seconde Guerre mondiale.

L'agence Reuters raconte que, d’après une première analyse, le journal apporterait un nouveau regard sur les entrevues entre Rosenberg et Hitler, mais également sur d’autres dirigeants nazis comme Heinrich Himmler et Hermann Goering.

 

Les souvenirs inédits et bouleversants de la secrétaire d'Hitler, qui ont inspiré le film La Chute. Une jeune fille de vingt-deux ans, qui rêve d'une carrière de danseuse, voit son destin bouleversé quand se présente en 1942 la " chance de sa vie " : Adolf Hitler lui demande de faire un test de dictée. Jusqu'à la mort du Führer, elle fut constamment à son côté, dactylographia ses discours, ses lettres, son testament, et l'accompagna dans ses derniers moments. Pendant toute la guerre, elle a, sans le savoir, participé à la plus monstrueuse des entreprises de destruction humaine. Tout commence par cette rencontre surprenante : elle qui attendait un tribun vociférant découvre " un monsieur souriant et délicat, à la voix douce et modulée "... Elle sera donc heureuse dans son travail, protégée par une figure paternelle, tenue à l'écart des opérations les plus secrètes. Quand les doutes surgiront, elle s'interdira d'aller plus loin dans l'investigation. Par loyauté autant que par confort, elle deviendra l'incarnation de ce que Hannah Harendt nommait la " banalité du mal ". Traudl Junge aura passé plus de cinquante ans de sa vie à essayer de comprendre son aveuglement. L'honnêteté de son témoignage et son absence de complaisance envers elle-même concourent à faire de ce récit un document capital. Est-on innocent quand on ne sait pas, ou est-on coupable de ne pas savoir.

Rochus Misch a été le garde du corps d'Adolph Hitler. Quelque cinq années, de 1940 à 1945, passées nuit et jour auprès du dictateur nazi. De la chancellerie berlinoise aux appartements privés, du nid d'aigle de Berchtesgaden à la " Tanière du loup " en Prusse orientale et au QG ukrainien, Rochus Misch a suivi le Führer jusqu'à la fin du IIIème Reich. Il a été le premier témoin des petites et grandes heures des dirigeants nazis et de leurs compagnes, dont Eva Braun. Dernier soldat allemand à quitter le bunker après le suicide d'Hitler, il s'est installé à Berlin après neuf années de captivité en URSS. Il a choisi de raconter son parcours dans l'Allemagne tourmentée d'avant-guerre et sa vie quotidienne avec celui qui fut le principal instigateur du conflit le plus meurtrier de l'Histoire.

 

Le dernier grand témoignage, inédit en français, d'un intime d'Hitler. Aristocrate, jeune officier de la Luftwaffe, Nicolaus von Below (1907-1983) entre au service d'Hitler en 1937 comme aide de camp. Investi de la confiance du Führer, il en devient un intime et l'accompagne partout, à Berlin, à Bayreuth - il partage sa loge princière pendant le festival -, au Berghof, dans son appartement à Munich, aux fêtes nazies de Nuremberg, dans tous ses quartiers généraux et jusque dans son dernier bunker, sous le jardin de la Chancellerie, en 1945. Proche parmi les proches, sa signature figure sur le testament privé d'Hitler, rédigé à la veille de son suicide. Durant ces longues années passées à son service, von Below a tout noté des agissements, des rencontres, des discours, des commandements, des prédictions, enfin du comportement d'Hitler. Ses souvenirs constituent une source historique majeure sur l'histoire du IIIe Reich, de sa montée en puissance jusqu'à sa chute ainsi, et surtout, que sur la personnalité énigmatique de son chef.

Les mémoires d’Albert Speer sont un document exceptionnel à plus d’un titre : témoignage d’un des plus hauts dignitaires nazis, il relate en détail le fonctionnement de l’appareil d’État vu de l’intérieur, avec le mélange de rationalité bureaucratique et de soumission à l’arbitraire du chef qui le caractérise. Mais c’est aussi l’itinéraire d’un homme brillant, architecte de talent, qui est rapidement séduit par Hitler et qui va progressivement mettre son intelligence et ses compétences au service de la machine de guerre nazie et d’une idéologie totalitaire.
Ce n’est que dans les tous derniers mois du régime que ses yeux se dessillent et qu’il manifeste quelques velléités d’indépendance : il aura auparavant, comme ministre de l’Armement, organisé la production d’armes et de munitions avec une efficacité redoutable, orchestrant le travail forcé des prisonniers de guerre, de ceux des camps de concentration et des recrues du travail obligatoire.
Cet ouvrage lucide ne cherche ni à justifier ni à amoindrir la responsabilité de l’auteur, qui affirme : « Je n’ai pas seulement voulu raconter, mais aussi comprendre. » Rapportant le nazisme à une perversion de la logique technicienne de notre époque, il nous livre aussi une interrogation sur l’énigme de l’aveuglement et de la servitude volontaire.
 
Adhérent au parti nazi dès 1931, Albert Speer (1905-1981) est l’architecte en chef du parti nazi. Condamné à vingt ans de prison à Nuremberg, il est libéré en 1966.
 

 

Mémoires de celui qui fut Président du IIIe Reich du 30 avril au 23 mai 1945. Karl Dönitz (1891-1980) entre en 1910 dans la Marine impériale, au sein de laquelle il devient officier de transmission, servant sur le croiseur "Breslau" d'octobre 1912 à octobre 1916, date à partir de laquelle il est affecté à la nouvelle arme sous-marine. Il prend le commandement de sous-marins en 1918, est fait prisonnier et est détenu par les Britanniques à Malte jusqu'en juillet 1919. Dans l'Entre-deux-guerres, il publie un ouvrage où il prône le remplacement de la quasi-totalité de la flotte de surface par une grande flotte de sous-marins destinée à attaquer la marine marchande ennemie afin notamment de priver les Marines adverses d'approvisionnement en pétrole, ce qui serait plus aisé que de couler leurs cuirassés. En 1935, il est chargé d'entraîner la nouvelle flotte de sous-marins et, durant la Seconde Guerre mondiale, il est placé à sa tête, imaginant une nouvelle tactique pour neutraliser les navires d'escorte des convois de l'Atlantique, l'attaque groupée en meute (Rudeltaktik). Il détruit une bonne partie de ceux-ci et attaque même au large de la Floride, mais l'aviation fait bientôt une hécatombe de sous-marins allemands. Le 30 janvier 1943, il remplace le Grand Amiral Erich Raeder comme Commandant en chef de la Kriegsmarine et devient Grand Amiral. Il adhère au parti nazi début 1944. Le soir de l'attentat du 20 juillet contre Hitler, il s'empresse de prononcer un discours de soutien au régime. Partisan de la lutte jusqu'au bout et soutien fidèle de Hitler (bien qu'il le niera après-guerre), il reçoit de ce dernier, le 15 avril 1945, la responsabilité de la défense du Nord du Reich. Le 29 avril, la veille de son suicide, Hitler le choisit pour lui succéder comme Führer. Il forme dès lors un gouvernement provisoire siégeant à Flenbourg et décide dès le 2 mai de négocier avec les puissances occidentales. Il emploie la Marine à évacuer le maximum d'Allemands

 

L'arrestation par la Gestapo, le confinement dans le ghetto juif de Vienne, l'étoile jaune sur le manteau et l'insigne « J » sur les papiers, l'envoi dans un camp de travail... Prisonnière de cette spirale infernale, Edith Hahn ne devra sa survie qu'à une amie chrétienne dont elle empruntera l'identité afin de gagner Munich, où elle rencontre Werner Vetter, un nazi, qui tombe amoureux d'elle et l'épouse en dépit de sa condition juive. Edith, jusqu'alors méprisée et persécutée, devient dès lors une citoyenne aryenne modèle, et la mère du seul enfant-juif né dans un hôpital du Reich en 1944. Désormais réfugiée dans un silence lucide, elle s'interdit de penser, se replie sur elle-même, un moyen comme un autre de « traverser l'enfer sans se brûler ». Ce récit sans égal relate à la fois le combat d'un être humain pour la vie et la tragédie déchirante de la perte d'identité.

 

La jeune Berlinoise qui a rédigé ce journal, du 20 avril 1945 - les Soviétiques sont aux portes - jusqu'au 22 juin, a voulu rester anonyme, lors de la première publication du livre en 1954, et après. À la lecture de son témoignage, on comprend pourquoi. Sur un ton d'objectivité presque froide, ou alors sarcastique, toujours précis, parfois poignant, parfois comique, c'est la vie quotidienne dans un immeuble quasi en ruine, habité par des femmes de tout âge, des hommes qui se cachent : vie misérable, dans la peur, le froid, la saleté et la faim, scandée par les bombardements d'abord, sous une occupation brutale ensuite. S'ajoutent alors les viols, la honte, la banalisation de l'effroi. C'est la véracité sans fard et sans phrases qui fait la valeur de ce récit terrible, c'est aussi la lucidité du regard porté sur un Berlin tétanisé par la défaite. Et la plume de l'auteur anonyme rend admirablement ce mélange de dignité, de cynisme et d'humour qui lui a permis, sans doute, de survivre.

de aout 1939 à aout 1940

édité en 1943

400 exemplaires

contient des cartes pliantes.

325 pages.

portant la mention" LA VENTE DE CE LIVRE EST INTERDITE EN ZONE OCCUPÉE"

 

 

« Pappy » Boyington est un héros, mais c'est aussi un homme avec toutes ses faiblesses...
Vendu à plus d'un million d'exemplaires, cet ouvrage a été un best-seller aux États-Unis. Ce n'est pas un roman mais la vie d'un pilote légendaire pendant la guerre du Pacifique. Dans toute son authenticité. Une autobiographie dure et impitoyable. Les combats, l'alcool, les femmes, les conditions de vie des prisonniers américains dans les camps japonais.
C'est aussi une page d'Histoire vécue par un homme aux commandes d'un avion extraordinaire : le légendaire Corsair.
La vie de « Pappy » Boyington a inspiré la célèbre série télévisée, « Les Têtes Brûlées » avec Robert Conrad dans le rôle de « Pappy ».

 

Il existe des non-dits qui tuent. Nous avons été si peu protégés par le gouvernement français et considérés comme des traîtres par notre propre pays. Devenus des nazis aux yeux de tous, nous avons été déportés dans les camps russes. Et à la Libération, nous avons subi suspicion des Américains que nous considérons comme nos libérateurs !
Durant notre enrôlement de force, nous avons été tenus à l'écart de toute informations sur l'évolution du conflit. Ainsi, nous avons vécus un dédoublement permanent de notre être profond, obligés de donner une façade de soumission tout en nous battant à l'intérieur contre cette guerre que nous refusions. Beaucoup d'entre nous refusèrent de tuer, parfois au prix de leur vie. Les plus forts ont résisté, les plus faibles se sont effondrés sous le poids de la culpabilité qui n'était pas la nôtre mais celle qu'on nous imposait.
Nous avons tous vécu une violence morale inouïe.

 

 

Novembre 1945. À Nuremberg, vingt-quatre dignitaires du IIIe Reich répondent de leurs actes devant un tribunal militaire international. Arrivé quelques semaines plus tôt avec la délégation américaine, Thomas J. Dodd, procureur en second, relate les événements à sa femme Grace, restée au pays.

Guy Anthier, Paris, 1974. Broché, 21,5cm x 13,5cm, 368pp, index. Très légères mouillures à la couverture recto, sinon très bon état. Recueil intégral de toutes les Ordonnances prises par l'occupant nazi, réunies par Philippe Héraclès et commentées par Robert Aron.

August von Kageneck, fils d'un aide de camp de Guillaume II, neveu de von Papen, a revêtu l'uniforme en 1939 - il n'avait pas dix-sept ans - et ne l'a quitté qu'en 1955. Son récit sincère et lucide est l'un des plus remarquables témoignages qu'on puisse lire sur les douze années du IIIe Reich, telles que les a vécues, de l'intérieur, un jeune homme de la vieille noblesse allemande, des ivresses de la victoire à l'humiliation de la défaite

 

L'auteur raconte son débarquement avec le commando Kieffer. Agé de dix-sept ans, il avait choisi de gagner l'Angleterre et de s'engager dans les commandos de fusilliers marins. Il fut l'un des cent soixante-dix-sept Français qui ont débarqué le 6 juin 1944 avec pour mission de neutraliser le casino-bunker de Ouistreham avant de prendre le contrôle de la ville

 

 

Voici réunis pour la première fois une soixantaine de documents inédits rédigés par des FFI, des résistants ou de simples témoins, sur leur action durant la bataille de Normandie. C'est une histoire bien différente de l'histoire officielle que nous racontent ces paysans, ces notables, artisans, mères de famille, instituteurs, gendarmes ou curés de village, telle qu'ils l'ont vécue de l'autre côté de la ligne de front, au coeur de la puissance ennemie et sous les bombes anglo-américaines. Pourquoi la résistance s'est-elle trouvée si désarmée à la veille de la libération ? Pourquoi a-t-elle été ignorée si longtemps par les Alliés, quel est son rôle exact dans les opérations et surtout, comment a-t-elle pris en main son destin, c'est ce que nous racontent ces récits passionnants, animés tout à la fois par la fierté de combattre pour sa liberté, la peur et le chagrin devant les morts et les destructions. À travers les questions qu'ils soulèvent, on se rend compte que la Normandie ne fut pas seulement le territoire où s'est jouée la victoire militaire sur le nazisme. Elle est aussi un terrain d'affrontement politique entre les alliés anglo-américains et la France combattante du général de Gaulle qui lutte pour retrouver sa souveraineté et sa grandeur.

 

Journaliste avant d'être écrivain, Roland Dorgelès se réfugie en 1944 dans le Sud-Ouest de la France où il accueille son ami Raoul Dufy qui a fui à la confusion de la capitale. L'auteur raconte le destin du collaborateur du village, le photographe Adalbert, jusqu'à son enlèvement et son jugement par la résistance. Ce récit sec et glacial d'un épisode de la barbarie nazie à la veille de la capitulation allemande, dont Dorgelès a été le témoin, est l'un des plus grands témoignages à chaud de notre Histoire. Net et poignant !

Récit de l'enfer:

 

Commandant du camp d'extermination de Treblinka où furent gazés près de 900000 Juifs, Franz Stangl illustre au même titre qu'Adolf Eichmann la banalité du mal. Débusqué par Simon Wiesenthal après avoir fui au Brésil à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il est jugé en Allemagne en 1970. C'est alors qu'il s'entretient avec Gitta Sereny. Au cours de six semaines d'entretien, celui qu'Himmler surnommait "notre meilleur commandant" et qui participa au meurtre de masse à Sobibor et Treblinka, se livre sans fard. Il tente d'expliquer ses actes, se confie, en trichant et dissimulant parfois, ce que l'auteur souligne ou corrige. Sans céder à la facilité, l'auteur nous fait pénétrer dans l'esprit d'un des plus grands meurtriers de l'histoire de l'humanité. Considéré comme un modèle du genre, ce livre demeure, aujourd'hui encore, un document hors du commun.

Le 27 janvier 1945, l'armée soviétique libérait le camp d'Auschwitz. Soixante ans après, cet ouvrage reste un des quelques livres essentiels sur le sujet.

Dans sa première édition, en 1959, le Comité international d'Auschwitz présentait ainsi ce livre : " Rudolf Hoess a été pendu à Auschwitz en exécution du jugement du 4 avril 1947. C'est au cours de sa détention à la prison de Cracovie, et dans l'attente du procès, que l'ancien commandant du camp d'Auschwitz a rédigé cette autobiographie sur le conseil de ses avocats et des personnalités polonaises chargées de l'enquête sur les crimes de guerre nazis en Pologne. [...] Conçu dans un but de justification personnelle, mais avec le souci d'atténuer la responsabilité de son auteur en colorant le mieux possible son comportement, celui de ses égaux et des grands chefs SS, ce document projette une lumière accablante sur la genèse et l'évolution de la "Solution finale' et du système concentrationnaire. Ce "compte rendu sincère' représente l'un des actes d'accusation les plus écrasants qu'il nous ait été donné de connaître contre le régime dont se réclame l'accusé, et au nom duquel il a sacrifié, comme ses pairs et supérieurs, des millions d'êtres humains en abdiquant sa propre humanité. " La préface de Geneviève Decrop (auteur de l'ouvrage Des camps au génocide : la politique de l'impensable, PUG, 1995) replace en perspective ce texte fondamental. Et dans la postface inédite à cette édition de poche, elle montre en quoi les avancées récentes de l'historiographie de la Shoah renouvellent la portée de sa lecture.

 

"Je lis de très nombreux récits d'anciens déportés qui me replongent chaque fois dans la vie du camp. Mais celui de Shlomo Venezia est particulièrement bouleversant puisqu'il est le seul témoignage complet que nous ayons d'un survivant des Sonderkommandos...
La force de ce témoignage tient à l’honnêteté irréprochable de son auteur qui ne raconte que ce que lui-même a vu, sans rien omettre..."
Simone Veil

bon...en réalité ce n'est pas le seul..il y en a d'autres.....

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, 6 millions de Juifs furent assassinés. En France, près de 76.000 hommes, femmes et enfants furent déportés vers les camps de la mort. 2.500 seulement en sont revenus...
Ida Grinspan, Marceline Loridan-Ivens, Sarah Montard, Henri Borlant, Charles Palant et Victor Pérahia étaient tous très jeunes. Comme des dizaines de milliers d'autres enfants, ils pensaient que la France les protégerait. Mais les lois antisémites, les rafles et les arrestations sont venues dessiner les contours monstrueux de la Shoah en France. Arrêtés puis déportés, ils sont revenus, vivants, mais traumatisés à jamais.
Tout au long de témoignages bouleversants, ils disent l'enfer de ces années, la peur, la douleur incommensurable de la déportation et de la disparition de leurs proches. Mais ils racontent aussi le courage d'hommes et de femmes qui les ont aidés, soutenus et parfois sauvés. Avec pudeur et émotion, ils évoquent le retour, la difficulté du deuil, l'impossible reconstruction.

 Chacun avec leur mots, ils accomplissent la mission sacrée qu'on leur a confiée à Auschwitz, Buchenwald, Bergen-Belsen : raconter. Pour que les voix de ces millions d'hommes et de femmes ne s'éteignent pas totalement. Pour qu'un jour on n'assassine plus les hommes pour ce qu'ils sont. Pour que nul n'oublie, jamais.

 

La plus jeune a 17 ans, la plus âgée, 67. Un matin glacé de janvier 1943, 230 femmes enfermées dans des camps d'internement français, ces " châteaux de la mort lente ", sont conduites par la Gestapo en gare de Compiègne. Leur destination : Auschwitz-Birkenau. C'est en chantant La Marseillaise qu'elles feront leur entrée dans le camp d'extermination. Seules 49 d'entre elles en reviendront vivantes.
C'est l'histoire de ces femmes que Caroline Moorehead nous raconte ici. Des femmes " ordinaires ", dont beaucoup de résistantes, qui ont tout sacrifié pour combattre le nazisme. Venues d'horizons divers, de classes sociales variées, elles vont puiser leurs forces dans l'amitié, la solidarité et l'entraide.
Depuis leur arrestation, leur torture par la police française ou la Gestapo, leur voyage dans le train de la mort, leur vie dans le camp jusqu'à leur libération par l'Armée rouge en janvier 1945, ce livre restitue, avec une émotion rare, leur traversée des cercles de l'enfer.

 

 

Ainsi commence le récit d'Yvonne Redgis-Klug emmenée par le convoi du 30 juin 1944 à Birkenau. Elle ne fut pas sélectionnée pour la chambre à gaz à son arrivée, bien qu'elle fût âgée déjà de 46 ans, et parvint à survivre jusqu'à sa libération par l'Armée rouge à Auschwitz avant d'être rapatriée à Paris, Elle émigra en Californie dès la fin de 1945 et travailla avec des acteurs d'Hollywood, dont quelques stars de l'époque. Elle mourut en 1972, sans avoir jamais réussi, malgré ses efforts, à faire publier le texte sur sa déportation et sa survie qu'elle avait terminé dès juillet 1945. C'est ce texte inédit, que nous présentons ici.

 

l'automne 1943, un réseau de résistants permet à Janina Hescheles, âgée de douze ans, de s'évader du camp Janowski, centre de travail forcé et de mise à mort des Juifs de Lvov. Cachée à Cracovie, Janina écrit ses souvenirs à chaud. Ce texte est publié en 1946 par Michel Borwicz et Maria Hochberg, deux des résistants qui avaient organisé son évasion. Cet ouvrage est un exceptionnel témoignage sur la vie et la mort des Juifs de Lvov, et un document remarquable sur l'histoire de la publication des tout premiers témoignages de la catastrophe. Ce volume propose la traduction de l'édition de 1946, enrichie de fragments inédits du manuscrit de 1943, et d'un épilogue écrit en 2015 par l'auteure.

 

Ce retour en enfer se révèle aussi bref que brutal, teinté d’ironie souvent, d’humour quelquefois, mais surtout d’une grande compassion pour ses semblables. Le lecteur quant à lui n’est nullement épargné par la violence, sans cesse remis par l’auteur dans les rails de l’horreur par des apostrophes régulières et autres questionnements : « Tout cela n’est pas possible direz-vous ? » et bien si et « je m’excuse mesdames, cela est vrai et il faut le dire ! ». Jusqu’à nous guider dans notre tragique initiation : « Aussi partons ensemble maintenant pour le rassemblement matinal du travail qui constitue le plus étonnant, le plus dépravant spectacle que j’ai jamais vu… ». Ceci jusqu’à l’instant de la liberté retrouvée et du retour, où Georges Briquet prévient ceux qui vont accueillir les déportés rescapés : « Ne vous étonnez pas, vous qui nous accueillez comme vous le pouvez, si notre joie n’éclate pas, si notre regard se perd parfois au loin, attiré irrésistiblement par des visions atroces. Nous sommes marqués et nous, nous n’oublierons jamais. Non, je n’oublierai jamais… »

 

Christine Morrow, Une abominable époque. Journal d’une Australienne en France 1940-1941, Toulouse, Éditions Privat, 2008, 221 pages

 

Anne Frank est née le 12 juin 1929 à Francfort. Sa famille a émigré aux Pays-Bas en 1933. À Amsterdam, elle connaît une enfance heureuse jusqu’en 1942, malgré la guerre. Le 6 juillet 1942, les Frank s’installent clandestinement dans «l’Annexe» de l’immeuble du 263, Prinsengracht. Le 4 août 1944, ils sont arrêtés sur dénonciation. Déportée à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen, Anne meurt du typhus en février ou mars 1945, peu après sa sœur Margot. La jeune fille a tenu son journal du 12 juin 1942 au 1er août 1944, et son témoignage, connu dans le monde entier, reste l’un des plus émouvants sur la vie quotidienne d’une famille juive sous le joug nazi.

 

Zalmen Gradowski appartenait à un Sonderkommando, ces équipes de déportés, juifs pour la plupart, chargés d'assurer le fonctionnement des chambres à gaz et des crématoires d'Auschwitz- Birkenau. Témoins des opérations de gazage et donc privés de tout espoir de survie, les membres de ces " équipes spéciales " étaient régulièrement exécutés. Seul Gradowski parvient à raconter. S'élève alors une voix qui s'adresse à l'humanité entière depuis le seuil de la mort, une voix qui, aux confins de l'horreur, refuse d'être réduite au silence. En écrivant Au cœur de l'enfer, il témoigne de la disparition de son peuple et rend compte de l'anéantissement de la mémoire juive. Ce manuscrit aux qualités littéraires rares, rédigé en 1944 et enfoui dans le sol à quelques pas du crématoire III, livre une réflexion d'une étonnante lucidité sur la destruction systématique de la vie et du monde juif. Ne pas lire Gradowski, c'est le priver de sépulture une seconde fois.

 

Il a à peine 13 ans lorsque les nazis envahissent la Pologne et sa ville, Bedzin, en 1939. Pour la communauté juive, c'est le début de la vie en ghetto, les privations, les humiliations, les violences arbitraires, la peur, les rafles. Puis en 1943, Sam est déporté avec son père, sa mère, ses deux sœurs et ses trois frères cadets au camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. Il est le seul à échapper aux chambres à gaz. Il n'a que 16 ans. Porté par une volonté de vivre hors du commun, il travaille alors successivement au déchargement des trains à leur arrivée au camp, sur la funeste Rampe de la mort, puis dans la mine de Fürstengrube, avant de connaître les Marches de la mort et de survivre au bombardement accidentel du paquebot Cap Arcona par la RAF...

Aujourd'hui âgé de 86 ans, Sam Pivnik raconte son histoire pour la première fois : un témoignage saisissant à destination des générations futures, pour ne jamais oublier que cela a eu lieu, que des millions d'hommes, de femmes et d'enfants n'en sont jamais revenus.

 

 

Octobre 1942. Chil Rajchman a 28 ans quand il est déporté à Treblinka. Il échappe à la chambre à gaz en devenant tour à tour trieur de vêtements, coiffeur, porteur de cadavres ou « dentiste ». Le 2 août 1943, il participe au soulèvement du camp et s'évade. Après plusieurs semaines d'errance, le jeune homme se cache chez un ami près de Varsovie. Dans un carnet, il raconte ses dix mois en enfer. À la Libération, il est l'un des 57 survivants parmi les 750 000 Juifs de Treblinka. Aucun camp n'avait été aussi loin dans la rationalisation de l'extermination de masse. Ce texte, publié pour la première fois, est unique. Écrit dans l'urgence, avant même la victoire sur les nazis, il s'inscrit parmi les plus grands.

 

 

Entre 1942 et novembre 1944, l'Allemagne nazie assassine plus d'un million de personnes, en majorité des juifs européens, dans les chambres à gaz d'Auschwitz-Birkenau. Un Sonderkommando (unité spéciale), constitué de détenus juifs qui se relaient jour et nuit, est contraint d'extraire les cadavres des chambres à gaz, de les brûler dans les crématoires et de disperser les cendres. Quelques hommes ont transcrit cette abomination et enfoui leurs textes dans le sol de Birkenau. Cinq ont été retrouvés après la guerre. Les équipes étant liquidées et remplacées à intervalles réguliers, pas un seul de ces témoins n'a survécu. Ce sont trois de ces manuscrits, dans une nouvelle traduction du yiddish pour partie inédite en français, qui sont présentés ici. S'y ajoutent les dépositions, faites lors du procès de Cracovie en 1946, de trois rescapés des Sonderkommandos - qui confirment, entre autres, le massacre des juifs de Hongrie au printemps 1944 -, des documents d'histoire, des photographies, les archives allemandes.

 

 

Remisé dans un grenier depuis quarante ans, ce manuscrit constitue un témoignage historique de première importance sur l'univers concentrationnaire et les détenus.
 Carl Schrade a en effet passé onze ans dans les différents camps de concentration du régime nazi. Arrêté en 1934 à la sortie d'un déjeuner pour quelques propos critiques lancés à table, ce jeune commerçant suisse décrit avec une précision extraordinaire la vie quotidienne des détenus et de leurs geôliers. Travaux épuisants, humiliations, crimes gratuits mais aussi épidémies, maladies, rapports humains réduits le plus souvent à la brutalité et à la violence. 

    Déplacé dans les principaux camps - de Dachau à Buchenwald ou Flossenbürg - au gré des contraintes de l'effort de guerre, Schrade livre une radiographie sans concession. Seule l'amitié de quelques camarades - dont le grand résistant français à qui il confiera son manuscrit - et le désir de témoigner le font tenir. Avec son écriture sans afféterie ni pathos et même ses inexactitudes, ce texte entre en résonnance avec ceux de Primo Levi ou d’Irène Némirovsky.

 

Zalmen Gradowski faisait partie de ces "équipes spéciales", Sonderkommando en allemand, qui, assurant le fonctionnement des chambres à gaz et des crématoires d'Auschwitz-Birkenau, assistaient aux opérations de gazage. En écrivant "Au coeur de l'enfer", Gradowki témoigne de la disparition de son peuple et de tout ce que cette disparition entraîne avec elle. en ce sens, à la valeur historique de ce document, s'ajoute une remarquable valeur de transmission de la culture et du monde que Gradowski voit disparaître devant ses yeux. L'étonnante qualité de ce texte vient de la vocation d'écrivain que l'auteur avait manifestée avant-guerre, sans que la possibilité de publier lui soit donnée à temps ; accomplissement tragique, il ne réalise son destin littéraire que dans des conditions d'existance infernales.
Gradowski rédige ce texte en 1944 et il l'enfouit près d'un crématoire avant d'être assassiné. Infortune de la mémoire, le manuscrit, découvert après-guerre, n'est édité en yiddish en Israël que tardivement (éd. Wollnerman, 1977) et seuls quelques extraits sont, par la suite, traduits aux Etats-Unis. Cette édition française est la première édition intégrale, disponible publiquement, de "Au coeur de l'enfer".

Zalmen Gradowski est né en 1910 à Suwalki, ville polonaise située près de la frontière lituanienne, dans une famille de commerçants très religieux. Le 8 décembre 1942, il est déporté avec sa famille à Birkenau qui est gazée le jour même ; quant à lui, il est rapidement transféré au Sonderkommando du crématoire III. Il est assassiné le 4 octobre 1944 lors de la révolte du Sonderkommando dont il est un des chefs.

 

Traumatisé à vie, Filip Müller, après avoir surmonté les limites extrêmes du désespoir, a finalement décidé, en 1979, de se souvenir. Afin que nul n'oublie. Voici à nouveau disponible le récit de son innommable expérience vécue qui a suscité une intense émotion à sa parution. Müller, dont le témoignage sur la réalité des camps de la mort n'est comparable à aucun autre, est en effet l'un des uniques survivants des commandos spéciaux des fours crématoires, commandos où se trouvaient enrôlés de force de jeunes déportés suffisamment robustes pour exécuter, sous la menace d'une mort immédiate en cas de refus, les tâches les plus immonde et les plus éprouvantes jamais demandées à des hommes. A intervalles réguliers, l'effectif complet de ces commandos était à son tour radicalement éliminé, afin qu'aucun survivant ne puisse jamais parler. Filip Müller, par un extraordinaire concours de circonstances, a miraculeusement survécu. Il a, pendant trois ans, pratiquement assisté au massacre de tout un peuple, partagé les derniers instants de tous ceux qui allaient mourir, procédé, avec ses propres mains, et dans d'indicibles conditions au transfert et à l'incinération de leurs cadavres. Son histoire, véritablement dantesque, dépouillée de tout artifica littéraire ou artistique, ne s'embarrasse d'aucune considération d'ordre psychologique. C'est uniquement le constat détaillé et souvent insoutenable d'un hallucinant cauchemar, un document historique exceptionnel à l'état brut, au ton volontairement neutre, car il est des expériences qui coupent à jamais toute envie de philosopher.

Détails très précis ....parle entre autre précisément des deux évadées du livre "je me suis évadé d'auschwitz"

 

 

 

Le 14 avril 1944, deux jeunes gens, Rudolf Vrba et Fred Wetzler se sont évadés d'Auschwitz. Ils n'ont qu'une hâte : témoigner. Il faut faire vite. Le 25 avril leur "Rapport sur les camps de concentration d'Auschwitz-Birkenau-Maïdaned" est transmis au chef de la communauté juive de Hongrie, puis au Pape, à Roosevelt, à Churchill. On sait la suite : en Hongrie, sur un million de juifs, quatre cent mille seront assassinés. Le monde libre a tardé à réagir. Vrba fut interné en juin 1942. Affecté au Sonderkommando (Service des biens confisqués), il devient ensuite secrétaire du Camp de la Quarantaine. Où qu'il soit, Vrba note, répertorie, enquête, démonte la mécanique nazie. "Je me suis évadé d'Auschwitz" nous apporte un éclairage nouveau sur ce que fut la réalité du camp. Sur des faits peu connus, par exemple la tentative d'insurrection du camp. Sur la capacité des hommes de résister.

 

Le 20 janvier 1942, secrètement réunis à Berlin, dans une villa du lac de Wannsee, les dignitaires nazis définissaient « la Solution finale à la question juive ». C'est l'acte de création des camps d'extermination, dont l'objectif est la destruction industrielle des Juifs d'Europe au moyen des chambres à gaz. À Auschwitz, en Pologne, mourront de la sorte plus d'un million d'hommes, de femmes et d'enfants.Il y a 70 ans, le 27 janvier 1945, une unité de l'armée soviétique pénétrait dans le camp, évacué de la plupart des déportés par les SS qui les avaient contraints aux terribles « marches de la mort ». Le monde découvrait alors le plus grand complexe de mise à mort d'êtres humains jamais conçu par d'autres hommes. Jamais, dans toute l'histoire de l'humanité, les assassinats massifs n'avaient été à ce point « taylorisés »?Alors que les témoins encore vivants de l'abomination se réduisent aujourd'hui à quelques dizaines, Alain Vincenot a recueilli les témoignages de ceux qui n'en avaient pas encore tout dit?

 

Alors qu'il n'avait que 14 ans, durant le Seconde Guerre Mondiale, en Belgique, Jean Jacobs est arrêté.

C'était un jeune collégien de quatorze ans quand le malheur s’est cruellement abattu sur lui et qu'il a découvert l’enfer sur terre.

Il n'avait pas de bonnes relations avec sa mère, qui était égoïste et qui s'occupait d'avantage de ses maris que de son fils. Elle en avait déjà enterré deux et au moment où son fils est arrêté et enfermé dans une cellule de la prison d'Anvers (Nord de la Belgique) pour avoir voulu défendre sa patrie, sa mère savourait depuis trois ans les charmes d'un troisième époux.

 

Jeudi 10 décembre 1942Est-il normal, en mes meilleures années, de voir cette seule ruelle, ces quelques cours encloses, étouffées ? Je voudrais crier au temps d'attendre, de cesser de courir. Je voudrais rattraper mon année passée et la garder pour plus tard, jusqu'à la nouvelle vie. Je n'éprouve pas le moindre désespoir. Aujourd'hui j'ai quinze ans et je vis confiant en l'avenir.Je vois devant moi du soleil, du soleil, du soleil, du soleil...De 1941 à 1943, Yitskhok Rudashevski a vécu le calvaire infligé aux Juifs emmurés dans le ghetto de Wilno. Il livre un témoignage poignant de la vie quotidienne et des aspirations d'un jeune garçon confronté à l'enfermement et aux persécutions. Il sera assassiné le 1er octobre 1943. Son manuscrit a été retrouvé après la guerre dans la cachette où la famille avait espéré échapper à la traque des nazis.

 

Le 27 février 1945, Avrom Sutzkever témoignait devant le tribunal de Nuremberg des atrocités commises par les nazis dans le ghetto de Wilno. Son témoignage, capital, entrera dans l’histoire, tant la parole des victimes fut rare lors du procès. C’est dire l'importance que revêt le récit qu’il a laissé de sa vie quotidienne entre 1941 et 1944. Jeune poète, il décrit dans ce texte l’horreur et la mort comme faisant partie de l’ordinaire, avec la volonté de restituer la sincérité du témoin tout en gardant le recul d’un observateur neutre. Avrom Sutzkever donne notamment à voir les tentatives désespérées d’une poignée de résistants pour sauvegarder les trésors de la Jérusalem de Lituanie tandis que subsiste au sein du ghetto une vie culturelle foisonnante mais clandestine, ultime rempart devant la barbarie. Chef-d’œuvre oublié de la littérature yiddish et document historique de première importance, Le Ghetto de Wilno mêle une écriture de l’immédiateté, guidée par l’urgence de raconter, à l’évocation sensible et dramatique d’un monde plongé dans l’abîme.

 

 

Ce livre est sans conteste l'un des témoignages les plus bouleversants sur l'expérience indicible des camps d'extermination. Primo Levi y décrit la folie meurtrière du nazisme qui culmine dans la négation de l'appartenance des juifs à l'humanité. Le passage où l'auteur décrit le regard de ce dignitaire nazi qui lui parle sans le voir, comme s'il était transparent et n'existait pas en tant qu'homme, figure parmi les pages qui font le mieux comprendre que l'holocauste a d'abord été une négation de l'humain en l'autre.
Si rien ne prédisposait l'ingénieur chimiste qu'était Primo Levi à écrire, son témoignage est pourtant devenu un livre qu'il importe à chaque membre de l'espèce humaine d'avoir lu pour que la nuit et le brouillard de l'oubli ne recouvrent pas à tout jamais le souvenir de l'innommable, pour que jamais plus la question de savoir "si c'est un homme" ne se pose.
De ce devoir de mémoire, l'auteur s'est acquitté avant de mettre fin à ses jours, tant il semble difficile de vivre hanté par les fantômes de ces corps martyrisés et de ces voix étouffées. Paul Klein

 

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, un groupe de prisonniers italiens libérés par les Russes entame une longue marche de plusieurs mois pour rejoindre leur terre natale. " Accompagnés " par l'Armée rouge dans une réjouissante pagaille, se retrouvent pêle-mêle héros et traîtres, paysans et voleurs, savants et nomades : autant d'hommes qui redécouvrent, émerveillés, la vie, le monde, la forêt, les filles, sans oublier l'art du trafic pour subsister....
La Trêve est le récit picaresque - et authentique - de leurs tribulations extravagantes, souvent d'une drôlerie irrésistible, sur les routes d'Europe centrale. A travers la savoureuse confrontation de deux peuples, Primo Levi révèle les merveilleuses ressources d'hommes qui se montrèrent à la hauteur de leur destin.

 

A l'été 1944, à Auschwitz, le futur grand écrivain Primo Levi rencontrait Jean Samuel, un jeune juif alsacien, comme lui déporté, comme lui confronté à l'indicible. Par affection, il lui donna le surnom de Pikolo. Trois années plus tard, dans son chef-d'œuvre Si c'est un homme, Primo Levi faisait de Pikolo un personnage mythique, incarnation de la dignité conservée jusque dans l'horreur, de l'humanité que rien ne peut détruire. Témoin oublié, héros discret, Jean Samuel est un survivant qui a longtemps gardé secrètes ses blessures. Après soixante ans de silence, il raconte aujourd'hui ses souvenirs d'Auschwitz, sa rencontre avec Primo Levi et les moments exceptionnels qu'ils ont vécus ensemble, la marche de la mort, leurs incroyables retrouvailles, l'amitié quasi miraculeuse qui a lié les deux hommes jusqu'à la mort de l'écrivain. Enfin, il livre au lecteur les lettres que Primo Levi et lui se sont échangées, spontanées, profondes, d'autant plus émouvantes qu'elles n'étaient pas destinées à être lues par d'autres qu'eux deux, qui avaient en commun les images ineffaçables de l'enfer.

 

Entre 1942 et novembre 1944, l'Allemagne nazie assassine plus d'un million de personnes, en majorité des juifs européens, dans les chambres à gaz d'Auschwitz-Birkenau.

Un Sonderkommando (unité spéciale), constitué de détenus juifs qui se relaient jour et nuit, est contraint d'extraire les cadavres des chambres à gaz, de les brûler dans les crématoires et de disperser les cendres.

Quelques hommes ont transcrit cette abomination et enfoui leurs textes dans le sol de Birkenau. Cinq ont été retrouvés après la guerre. Les équipes étant liquidées et remplacées à intervalles réguliers, pas un seul de ces témoins n'a survécu.
Ce sont trois de ces manuscrits, dans une nouvelle traduction du yiddish pour partie inédite en français, qui sont présentés ici.

 

« Mes notes commencent au moment de la mobilisation de 1938 et décrivent l’occupation de la Tchécoslovaquie, la vie sous le Protectorat, avec les mesures antijuives, puis dans le ghetto de Terezin (1941-1944). Avant d’être déportée de Terezin à Auschwitz (en octobre 1944), j’ai confié mes cahiers à mon oncle, Josef Polak, qui les a sauvés en les cachant dans un mur avec mes dessins. Après la guerre, j’ai complété mon journal de Terezin et ajouté ce que j’avais vécu à Auschwitz et dans d’autres camps de concentration (Freiberg, Mauthausen), où il était tout à fait impossible d’écrire. J’ai noté les scènes comme elles me remontaient à la mémoire… Mes notes se terminent avec mon retour à Prague en mai 1945, sur les mots « enfin chez moi ». Un chapitre de ma vie était clos. Pourtant je n’avais plus de chez-moi. Mon père n’est pas revenu, et ma mère et moi n’avions où aller, notre appartement était occupé par des étrangers. J’avais 15 ans et demi, il fallait avant tout rattraper les années d’école perdues. C’était une vie nouvelle qui commençait. » Extrait de l’avant-propos d’Helga à son Journal

 

Voici un livre que je tiens pour fondamental et que j'aurais voulu avoir écrit moi-même. Je ne l'ai pas fait parce que, à Auschwitz, mon horizon fut trop limité. Ce ne fut pas le cas d'Hermann Langbein, autrichien, prisonnier politique et figure exceptionnelle de la Résistance de son pays. Son expérience de combattant durant la guerre d'Espagne lui avait permis d'entrer au comité clandestin de défense qui existait à l'intérieur du Lager. Par ruse, il devint le secrétaire d'un médecin S.S. de rang élevé, s'exposant ainsi à un péril grave et constant mais qui lui permit de recueillir une masse d'informations exceptionnelles. Langbein a écrit son livre avec un objectif bien précis. Pas pour accuser ni pour commémorer mais pour aider à comprendre. Il a interrogé d'anciens prisonniers survivants et aussi ceux de l'autre côté - les bourreaux d'alors - pour saisir les raisons qui peuvent conduire un homme à accepter certains " ordres ", à s'engager sur la voie de la servilité, une voie sans retour. Primo Levi

 

Voyage à Pitchipoï raconte la tragédie d'une famille juive, en France, pendant la guerre. En 1942, l'auteur de ce livre avait six ans. Sa famille fut arrêtée, par des gendarmes allemands et français, et déportée. Le narrateur et sa petite sœur furent d'abord confiés à des voisins jusqu'à ce que le maire du village fasse appliquer la décision du capitaine SS, Commandeur de la région et responsable des mesures de répression antisémite : "L'accueil d'enfants juifs dans des familles françaises est indésirable et ne sera autorisé en aucun cas." Les deux enfants furent alors enfermés dans une prison, puis transférés au camp de Drancy, où la petite fille tomba malade par malnutrition. Sortis miraculeusement du camp, ils retrouvèrent quelques mois plus tard leur mère qui avait réussi à s'échapper lors de son arrestation et n'avait pas été reprise, malgré les portes qui s'étaient souvent fermées lorsqu'elle avait demandé de l'aide. Après des mois de vie clandestine, à la Libération, ils revinrent dans leur maison vide et abandonnée. Ils ne reverront jamais leur père.

*Pitchipoï est un pays imaginaire pour le peuple juif comme pour nous en France nous dirions "tataouine" Quand les enfants demandaient "on va ou???" les parents répondaient " à Pitchipoï"

Ce qui peux faire sourire, si ne nous connaissions pas la fin tragique.

 

Déportée à 14 ans, rescapée d'Auschwitz, Ida Grinspan nous livre son témoignage sur l'horreur des camps de concentration. Dans un dialogue tout en pudeur, sa voix se mêle à celle de Bertrand Poirot-Delpech. Elle lui raconte l'indicible : la faim, la peur, la mort qui rôde. Ensemble, ils relatent également les difficultés de " l'après ", ce douloureux retour à la vie et à l'espoir. A lire pour ne pas oublier " l'oubli serait aussi intolérable que les faits eux-mêmes "